Nord(s)

Depuis plus de 25 ans, je me rends en Baie de Somme 2 ou 3 fois par an. J’ai découvert cette région un peu par hasard, je cherchais une destination de vacance pas trop éloignée. Depuis lors, il m’est bien difficile de ne pas voir la Baie chaque année et en toute saison.

Le Crotoy bien sûr, avec sa plage du Nord exposée plein sud, sa cousine Saint-Valery-sur-Somme de l’autre côté de la Baie, au Sud ou encore la pointe du Hourdel, qui marque la fin de la Baie au Sud. Au Nord du Crotoy, c’est la pointe de Saint-Quentin-en-Tourmont qui ferme la Baie. Un peu plus au Nord de la Baie de Somme, on peut aussi découvrir la Baie D’Authie et Berk. Un peu au sud, c’est Cayeux, Ault et le Bois de Cise.

La Somme, fleuve qui a donné son nom au département, se jette dans la Manche via la Baie.

La Baie est fragile, elle est d’ailleurs menacée d’ensablement. Depuis une trentaine d’années, plusieurs risques naturels menacent le littoral en raison du cumul de plusieurs causes : érosion régressive à long terme du trait de côte, « épuisement progressif du stock de galets exacerbés par les interventions humaines », et « oscillation positive de la fréquence et de l’intensité des conditions météo-marines paroxysmales, notamment des vents d’afflux de secteur Nord-ouest. Une élévation du niveau marin et/ou une modification des caractéristiques des vents et tempêtes sont attendues dans le contexte du dérèglement climatique et de la montée des océans.

Depuis mes premières visites en Baie j’ai constaté que le tourisme avait augmenté, la Baie est sur fréquentée, en toutes saisons. Le Crotoy compte plus de locations de vacances (64 %) que d’habitations privées. Le prix de l’immobilier grimpe sans cesse faisant fuir les locaux. Quel sera le visage de La Baie dans 10 ans ? Les falaises d’Ault seront t’elles toujours visible, sans doute, mais combien d’habitations auront disparu ? Souvent, je me demande si je dois encore revenir ici, car malgré moi, j’ai participé à faire découvrir la baie, mais aussi à sa lente destruction…

J’ai réalisé des milliers de photographies en Baie, jamais je n’avais trouvé le bon angle, celui que je trouverais juste pour parler de cet endroit. Petit à petit, je suis revenu à l’argentique, au moyen format, au Holga, au Rolleiflex… Et finalement, enfin, je ne regardais plus simplement les lieux, je les voyais… C’est donc au sténopé, en prenant le temps, le temps long que j’aborde finalement une série de photos sur la baie telle que je la voie, tel que je l’aime.

Erpent, 1 janvier 2026