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l’empreinte

L’empreinte

“… La trace serait la seule ressource mobilisable pour le sujet pour continuer à exister et à se reconnaître : il s’agit de panser le passé en pensant les contours du devenir par la production plastique. Après avoir identifié la blessure, l’exercice consiste à appréhender sa propre histoire et à se libérer de son empreinte. Exorciser sa blessure consiste à la rendre sensible en la rendant visible. Le lien dans lequel se dit cette blessure est l’atelier, lieu convergent, car déjà matériellement présent et dont l’espace est rempli d’autres histoires. Les accumulations d’images, de traces, de souvenirs ou d’empreintes qui racontent l’histoire de tentatives permettent d’imaginer un possible modelage de sa plaie, d’inscrire le corps dans un lieu absolu. Le trop-plein impose des choix au vide intérieur et ce vide intérieur va devenir par ce fait même protéiforme. Naturellement, cette morphologie de la blessure requiert du temps, elle requiert de l’âme. Elle trouve sa source dans le concept novateur de pictogramme, matrice de la représentation, de l’ordre de la représentation fantasmatique et d’une activité signifiante et idéique. Les procédés créatifs permettent de surmonter les tensions comme le démontrent les travaux de tatouage sur le moi-peau ou le graphe photographe de soi. L’empreinte dit l’absence et libère provisoirement de la hantise du passé…

Delory-Momberger, C.  et Georget, J.-L.  (2016). Introduction. Le sujet dans la cité, Actuels N° 5(1), 5-12.