L’année 2025 commence mal pour la photographie et la culture en général. En ce début janvier des photographies de la célèbre photographe Sally Mann ont été saisies par la police au musée d’Art moderne de la ville de Fort Worth au Texas. Raison de cette action, une plainte déposée prétendant que les photographies de l’artiste qui montre ses enfants partiellement nu, représente de la pornographie enfantine.

L’exposition était ouverte depuis quelques semaines déjà. On trouve également dans cette exposition des photos de Nan Goldin, de Carrie Mae Weens… C’est un journaliste qui a visité l’exposition qui a remis en question le caractère inapproprié des œuvres. Il a accusé le musée et Sally Mann de « promouvoir la pornographie enfantine » Le musée a répliqué en rappelant que ces photographies avaient été diffusées et exposées largement, depuis plus de 30 ans, partout dans le monde. La coalition américaine contre la censure a dénoncé cette saisie, elle n’admet pas que le fait de documenter la croissance de ces enfants soit associé à de la pornographie.

C’est un dangereux précédent pour la liberté des Américains. Alors que le 7 janvier, Mark Zuckerberg, PDG de Meta, publie sur Facebook une vidéo. En cinq minutes, il opère un revirement de la politique, fini les fact-checkers et finie la modération des contenus par des professionnels aux États-Unis. Et il en profite pour s’aligner sur Elon Musk, le patron de X, il fait allégeance au futur président américain, le futur locataire de la Maison Blanche qui dix jours avant d’y accéder, devient le premier président élu des États-Unis à avoir été condamné au pénal.

Chez nous, le président d’un parti appelle à former un gouvernement juge inutile d’avoir un·e ministre de la Culture arguant que la culture américaine domine le monde sans avoir besoin de ministre de la Culture. De quelle culture parle-t-il ? En 2025 il est plus que temps de défendre la liberté d’expression, l’art, les artistes et de refuser la censure de « penseurs » extrêmes et dangereux. Cette vision de la société reflète la tendance actuelle où on veut imposer, ou certains veulent imposer leurs idées. Ils ne désirent pas en débattre, faire société. Il est plus facile d’interdire, d’imposer que de dialoguer. Tous ces événements ne sont pas sans rappeler des années noires du siècle dernier, nous sommes vraiment dans une dérive dangereuse.
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